Cette définition s'applique parfaitement à ce que font les antivirus
modernes d'un fichier suspect ou infecté qui pourrait contaminer le
disque dur. En cas de doute, on isole. Mais alors qu'il n'était
jusque-là question que de fichiers, Scott Charney, vice-président de
Microsoft, a évoqué récemment le fait d'étendre cette quarantaine à
l'ordinateur dans son ensemble. Il voudrait tout simplement accroître
la surveillance de nos PC connectés à Internet pour, « comme on le fait dans le monde médical », prendre des mesures « pour s'assurer que les ordinateurs infectés ne mettent pas d'autres systèmes en danger ». En gros, il s'agirait de leur couper l'accès à Internet, jusqu'à ce que le problème soit résolu.
Une posture qui pose deux gros problèmes que n'ont pas manqué de
soulever des milliers de personnes réagissant à la publication des
propos de M. Charney. Tout d'abord, comment soigner un PC infecté s'il
n'est plus relié à Internet ? Car c'est en allant sur le Web que l'on
peut faire analyser son disque dur pour trouver le virus ou le malware à
l'origine du problème, télécharger un programme réparateur, mettre à
jour son antivirus ou bien encore dénicher les bons conseils pour
mettre fin à l'infection. C'est un peu comme si on empêchait un malade
d'aller à l'hôpital se faire soigner en disant qu'il risquerait de
contaminer les autres patients. Ensuite, pour arriver à cela,
M. Charney voudrait augmenter la surveillance de nos ordinateurs par
les fournisseurs d'accès à Internet, les gouvernements et les acteurs
industriels de l'Internet afin de mieux détecter ceux qui sont
infectés. En clair, il faudrait montrer patte blanche pour pouvoir se
connecter, avec une fouille en règle à l'entrée du Web. Heureusement,
même des dirigeants de Microsoft ont reconnu que leur collègue était
allé trop loin. Encore un qui aurait dû tourner sept fois sa langue dans
sa bouche avant de parler ! Sera-t-il mis en quarantaine pour cela ?
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